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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 431 - octobre 2026
Editorial
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Editorial

« Faire de notre projet agricole le socle d’un projet de société plus juste, plus équitable. »

Après un été qui a fait vivre à de nombreuses et nombreux paysans de grandes difficultés, le début d'automne ne laisse pas de répit et impose une sécheresse qui ne permet pas de voir venir une repousse salutaire. Le mauvais temps, c'est celui qui dure !

Les réponses apportées par nos gouvernements à cette situation sont inconséquentes et scandaleuses. Après beaucoup de tergiversations qui dissimulent difficilement leur impréparation, ils déroulent un plan CASI d'un milliard d'euros. « CASI, quasi rien », a-t-on entendu. C'est d'autant plus vrai que la moitié de ce milliard d'euros correspond à la dotation de fonctionnement normale du Fonds national d'indemnisation et de solidarité. Un fonds dysfonctionnel qui laisse une grande partie des paysan·nes sur le bord de la route, en particulier les maraicher·ères.

Dans sa vision néolibérale, l'État a délégué au système assurantiel privé la protection de nos productions. Non seulement c'est l'abandon de tout idéal de mutualisation et de solidarité, mais, en plus, factuellement, cela ne fonctionne pas. Seulement 18 % des paysan·nes sont assuré·es. Auditionnée à l'Assemblée nationale, Annie Genevard assume et répète comme un mantra, pour s'autoconvaincre, « que les paysan·nes doivent s'assurer ». Pathétique !

Dans ce pas de temps, tous les horizons semblent bouchés. Face aux incuries politiques, aux désordres climatiques qui vont nécessairement s'amplifier, aux situations économiques et géopolitiques complexes qui acculent le système pétrochimique, pierre angulaire de nos sociétés capitalistes et consuméristes, comment ne pas tomber dans le fatalisme et le pessimisme ?

La pire des tentations est le repli, le déni, s'empêcher de voir, ou le partisanisme : n'appréhender les problèmes qu'avec les lunettes de ses intérêts.

Une réponse : tracer des lignes d'horizon, mettre en perspective nos luttes au regard du champ historique et universaliste.

Pour l'horizon, la vitalité de la jeunesse, que nous avons pu croiser à la Fête de l'Humanité, est une respiration. Elle régénère les possibles politiques. Pour la mise en perspective, dans ce même temps, les discussions et réflexions échangées avec les camarades de tous les continents font ressortir le commun, éclairent les analyses et imaginent un avenir désirable.

La Fête de l'Huma, cela a été aussi l'occasion d'annoncer la réédition du livre de Bernard Lambert, Les Paysans dans la lutte des classes. Cet ouvrage, fruit de réflexions collectives, est d'une réelle modernité. Il nous offre des outils aiguisés, nécessaires à la lecture de nos préoccupations contemporaines.

Une méthode, d'abord : identifier avec lucidité les facteurs d'influence, d'aliénation, d'oppression, mais aussi les vrais ennemis, pour ne pas tomber dans le piège d'un corporatisme infécond, aveugle aux conflits d'intérêts.

Et puis une ambition : faire de notre projet agricole le socle d'un projet de société plus juste, plus équitable. Cela appelle forcément à penser les convergences, les alliances, à combattre toutes les dominations.

À l'aune des présidentielles, l'héritage des Paysans-Travailleurs nous ouvre les voies de lutte contre les propositions uniquement réformistes qui pensent dans le cadre pour ne pas gêner les privilèges.

Penser hors cadre, et comprendre que l'histoire n'est pas écrite, c'est cultiver un avenir possible.

Stéphane Galais, porte-parole

NOUS CONTACTER Confédération Paysanne d'Île de France

Pour toute information: idf@confederationpaysanne.fr / 06 50 47 74 63